Arrêté ESOD : quelles espèces concernées et pourquoi ce classement inquiète

Image : Savoir Animal
Chaque année, des millions d’animaux sauvages sont concernés par un arrêté ministériel qui autorise leur mise à mort toute l’année, hors période de chasse. Le nouvel arrêté triennal vient d’être publié, élargissant même le classement pour certaines espèces. Renards, fouines, martres des pins, belettes, corneilles noires, pies bavardes, corbeaux freux, étourneaux sansonnet et geais des chênes : ce sont les neuf animaux désormais considérés comme des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD) dans quatre-vingt-treize départements français.
Un classement qui s’étend malgré les controverses
L’arrêté ESOD, révisé tous les trois ans, désigne les animaux que les chasseurs et piégeurs peuvent tuer à tout moment, même en dehors des périodes légales de chasse. Pour cette édition, le ministère de l’Écologie a élargi le classement de trois espèces : les renards, les pies bavardes et les étourneaux sansonnet. Ces derniers voient leur zone de présence concernée augmenter dans plusieurs départements. Pourtant, cette décision s’inscrit dans un contexte de vives critiques. L’État autorise notamment la chasse des martres des pins, une espèce protégée au niveau européen, dans quatorze départements. Un paradoxe, alors que leur déclin est avéré et que leur reproduction lente les rend particulièrement vulnérables.
Des méthodes de piégeage cruelles et inefficaces
L’arrêté ESOD permet de recourir à des techniques de piégeage particulièrement brutales. Pièges à mâchoires, déterrage des renards ou encore cages non sélectives : ces méthodes exposent les animaux à des souffrances prolongées. Pire, elles ne font pas le tri : chats errants, hérissons ou espèces protégées peuvent s’y prendre au piège. Une étude récente a montré que ces pratiques ne réduisent pas les dégâts agricoles ou domestiques. Au contraire, les populations de renards se régulent naturellement, et les attaques sur les volailles restent stables, même en l’absence de chasse. Les clôtures adaptées et des abris sécurisés protègent bien mieux les élevages.
Que faire pour limiter les conflits ?
Face à ce dispositif controversé, plusieurs pistes existent pour réduire les tensions entre humains et animaux sauvages. Voici quelques pistes concrètes :
- Protéger les élevages : installer des clôtures solides et des abris fermés pour les volailles.
- Éviter les pièges : privilégier les méthodes non létales comme les répulsifs naturels ou les clôtures dissuasives.
- Signaler les dégâts : en cas de problème persistant, contacter les autorités locales pour évaluer les solutions adaptées.
Si vous constatez des dégâts importants ou des méthodes de piégeage inquiétantes, il est conseillé de signaler la situation à la préfecture ou à une association de protection animale. Ces dispositifs soulèvent des questions éthiques et écologiques majeures. En attendant une révision du texte, adopter des alternatives respectueuses du vivant reste la meilleure approche.
Synthèse éditoriale assistée par IA — AnimalConseil. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire.
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