Bleu russe : caractère, santé et entretien

Tkeiger at en.wikipedia — CC BY 3.0
Le bleu russe ou russe est une race de chats aux origines controversées et usuellement considérée comme une race naturelle apparue dans les pays froids comme la Russie ou les pays scandinaves. Les premiers individus sont présentés en exposition féline dès le milieu du XIXe siècle en Grande-Bretagne, d'où il s'est répandu dans le monde entier. Au bord de l'extinction après la Seconde Guerre mondiale, le bleu russe renaît de croisements avec des siamois ou des chats de gouttière bleus. De nombreux efforts sont faits dans les années 1950 à 1960 pour homogénéiser le type du bleu russe, dont la morphologie varie d'une rive à l'autre de l'Atlantique. De nouvelles variétés de couleurs sont introduites à la fin du XXe siècle. De type médioligne foreign, le bleu russe est long et gracieux, bien musclé et sans aucune lourdeur. La tête, en forme de coin, est décrite comme angulaire, avec de grands yeux ronds bien espacés et d'un vert soutenu. Enfin, la robe courte, épaisse et pelucheuse est de couleur bleue argentée. Les variétés à poil long comme le nebelung ou les russes noirs et blancs ne sont pas reconnues par l'ensemble des fédérations. Souvent décrit comme une race calme et très attachée à son maître, le bleu russe serait bien adapté à la vie en appartement. Les soins se limitent à un brossage hebdomadaire.
Une race naturelle aux origines controversées
Les origines du bleu russe sont controversées, usuellement attribuées à la Russie ou aux pays scandinaves, elles pourraient également se situer dans le pourtour méditerranéen. Illustration du flou de ces origines, divers noms ont été donnés à cette race, dont « archange bleu», « bleu d'Abyssinie», « bleu d'Arkhangelsk», « bleu d'Espagne», « bleu d'Islande», « bleu de Norvège», « bleu du Caucase», « bleu maltais» ou « bleu russe», "russkiy blue" en russe. Desmond Morris relève également les termes « American Blue Cat», « Chartreuse Blue», « Foreign Blue», « Russo-American Blue»,« Russian Shorthair» et « The Connoisseur's Cat». Une première théorie avance que la race pourrait être originaire du port russe d'Arkhangelsk où elle aurait développé sa fourrure dense au cours des siècles, ce qui en ferait une race naturelle. Divers récits corroboreraient le fait qu'il était chassé pour sa fourrure chaude utilisée dans l'habillement. Il aurait servi sur les bateaux comme chasseur de rongeurs et aurait été introduit en Grande-Bretagne par des marins. Une origine commune avec le chartreux est également avancée. La théorie d'Arkhangelsk est reprise fréquemment, la date d'arrivée du bleu russe en Grande-Bretagne variant de la fin du XVIe siècle durant le règne d’Élisabeth Ire à celle, plus souvent relevée, du milieu du XIXe siècle. L'arrivée en Grande-Bretagne s'est peut-être faite via la Suède, ou directement par des marins. Une autre hypothèse avancée est que le bleu russe est une très ancienne race, apparue en Russie, et diffusée en Europe par les Vikings. Enfin, une dernière théorie propose que le bleu russe vienne du nord de la Norvège d'où il aurait été importé en Grande-Bretagne sous divers noms, notamment « Shorthaired Blue Tabbies» ou « Canon Girdlestone's breed».
Premières expositions
Dans les années 1860, le bleu russe, surnommé « Archange bleu» ou « bleu d'Arkhangelsk», est présenté à la première exposition féline du Crystal Palace en 1871. Le russe est alors présent en variétés à poil court et à poil mi-long. Par exemple, Harrison Weir, dans Our cats and all about them (1889), utilise l'expression « bleu russe» pour désigner les chats bleus à poil court présentés en exposition, et des chats à poil mi-long, de couleurs très variées. Dans le même livre, il juge qu'il y a assez peu de différences entre l'« Archange bleu» et le british shorthair, mais reconnaît que les « archanges» ont une robe plus courte et brillante, avec une teinte plus profonde et que leur morphologie est différente des british, avec un corps plus grand et la tête et les pattes plus allongées. Présenté régulièrement dans les expositions félines britanniques, le bleu russe souffre alors de la confusion avec le british shorthair bleu, avec lequel il partage la couleur de la robe. Divers croisements sont réalisés entre les bleus russes, les british shorthair bleus, et des chats sans pedigree: les résultats de ces croisements sont présentés sous le terme générique « bleus à poil court». En 1890, Mme Constance Carex-Cox, alors éleveuse d'abyssins, de british shorthair et de manx, acquiert son premier bleu russe, « Kolya», née sur la péninsule de Kola. Cette éleveuse et ses premiers sujets (tels Bayard, Fashoda, Ivanovitch, Lingpopo, Muchacho, Olga et Peter the great) promeuvent et développent la race. Mme Constance Carex-Cox trouvera une tribune pour défendre les différences du bleu russe vis-à-vis du british shorthair dans l'un des premiers livres sur l'élevage des chats The Book of the Cat, en 1903, de Frances Simpson. En 1912, le Governing Council of the Cat Fancy (GCCF) reconnaît la différenciation entre bleu russe et british shorthair bleu, en accordant une classe séparée au bleu russe, qui concours alors sous le nom de « foreign blue». En 1939, le nom bleu russe est officialisé.
Exportation de la race
Aux États-Unis et au Canada, des bleus russes sont importés dès la fin du XIXe siècle, les dates proposées variant le plus souvent entre 1888 et 1890. Blue Royal est importé par Clinton Locke à Chicago en 1907. Dans les expositions américaines, comme ce fut le cas avec les bleus européens, on souligna la ressemblance du bleu russe avec les chats bleus locaux, futurs american shorthair. Toutefois, les termes « American Blue Cat» et « Russo-American Blue» sont expliqués par Rush Shippen Huidekoper en 1895 comme un signe de la grande popularité du bleu russe en Amérique, qui précise que cette variété est probablement croisée avec beaucoup de soin pour obtenir des sujets de grande qualité. L'élevage du bleu russe décline cependant jusqu'à disparaître, et ne reprend aux États-Unis qu'à partir des années 1940. En France, le bleu russe fait sa première apparition en 1925 sous le nom de « Chat de Malte» ou « Maltais».
Après la Seconde Guerre mondiale
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